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Rivière et Gravitation – une exposition de Barni Kiener et Christian Gräser à l’Espace Cheminée Nord à Genève (14 – 30 septembre 2012)

La série de gravures „Turm I – VIII“ de 1998, réunie au complet dans cette exposition. (Photo: Thomas Wey)

Barni Kiener – aspects de son travail

Barni Kiener est un artiste vivant à Berne et ayant des racines dans l’Emmental, le Seeland et le Jura. Erlach (Cerlier) a été son berceau artistique. Artiste autoproclamé, ce qu’on appelait il n’y a pas longtemps encore avec une certaine fierté un autodidacte, il a vu grand, dans le sens littéral du terme, dès ses premières apparitions au début des années 1990.

Il avait aménagé son atelier dans une grange qui s’est pourtant avérée trop petite pour la réalisation de sa première vision du Jolimont qui mesurait six mètres et était faite de suie et de terre sur du jute. Dans le même élan et les mêmes dimensions, une autre œuvre impressionnante a alors vu le jour : un seul long cri, quasi narratif, sur papier en tant que suite de signes peints au pinceau.

Ce qui s’était ainsi déployé tout en longueur a été suivi par des tableaux qui prenaient de la distance, un regard de l’espace sur la Terre plongée dans la nuit, ici et là seulement quelques taches rouges scintillant comme autant de feux, une nuit réellement profonde. Un premier corps concret apparu dans son œuvre a été un objet volant venu de nulle part et composé d’une planche en guise d’aile et d’une pierre sommairement attachée à une corde, d’où le titre « Steinflieger » (avion de pierre) à la consonance mystérieuse qui ne se comprend réellement qu’en parlant le dialecte bernois. Le motif est alors apparu dans des peintures, sur des estampes perdu dans un vaste ciel, dans d’immenses objets à même le sol, dans des photomontages devant un paysage danois ou encore en tant que petites créatures suspendues dans des arbres et, bien qu’impossible en réalité, ils ont commencé leur propre vie.

Impossible ne veut pas dire absurde et pourtant, ils se croisent là où l’indicible et l’inimaginable devient visible et sensible. Des situations absurdes, on en rencontre à chaque pas que nous faisons vers son travail. On trouve de petites chambres fermées, des scènes au décor minimaliste, des propositions pour un espace abandonné sans portes ni fenêtres ou pour une vie dans les estampes. Ou les espaces non pensés pour être habités ou même arpentés qui s’ouvrent sur des précipices vertigineux. Ou encore les nichoirs sans entrée dans des couleurs subtilement assorties.

Avec ce type de travail, nous tombons sur les points sensibles de sa démarche artistique. Encore et toujours surgit la possibilité d’une libération de la force de gravité. Ce qui compte, ce n’est plus tant l’aspect matériel – « comment a-t-il fait ça ? » ou « où faut-il ranger l’artiste ? » – mais de savoir dans quelle contrée de son (et de notre) imaginaire entre la croûte terrestre et les lacs il veut nous emmener, quels mondes il veut nous ouvrir, dans quel fleuve, quelle vie, il veut s’immerger avec nous.

Il se révèle sans cesse réaliste, que ce soit dans sa vie ou dans son art. Un bouchon de pêcheur resté accroché dans un arbre peut certes représenter toutes sortes de choses, par exemple le symbole d’une situation qu’il considère comme embrouillée, il n’est reste pas moins qu’un bouchon est un bouchon. Et s’il doit être l’objet d’une installation de paysage, il doit être fait et financé par soi-même – un certain nombre d’amis et de sponsors ont spontanément soutenu cette démarche récemment. Un réalisme critique habite aussi quelques œuvres récentes où il dénonce avec indignation les pratiques de l’élimination des déchets. Sans prêcher la morale, ces œuvres analysent sans exagérer, elles vivent de et par elles-mêmes.

L’approche artistique de Barni Kiener consiste en une seule suite d’expériences, de découvertes intérieures et extérieures dans un environnement artistique local qui a sans cesse offert des vues sur les grands artistes du passé récent. Il a lui-même choisi ses maîtres, aussi bien artistiques qu’artisanaux. Citons-en un en particulier, le graveur et imprimeur Hansjürg Brunner. L’estampe, le cuivre, et non pas le dessin ou le papier, ont dès le début été le lieu où il retournera toujours.

Né en 1965, Barni Kiener a vécu à Erlach et La Chaux-de-Fonds (Les Planchettes). Il a notamment voyagé en Afrique du Sud et au Danemark où il a également réalisé des gravures et noué des contacts. Il a participé à des expositions de Noël à Bienne et obtenu le prix de gravure de la Triennale Grenchen (Granges) et des Amis des Beaux-Arts de Le Locle. Le temps d’une exposition, il a aussi réinterprété un espace autrefois sacré dans le cloître de Saint-Ursanne.

Walo von Fellenberg

L’installation „La limace et la fleur“ de 2012 en bois de frêne et paint à l’émail mat, présente également à Genève (Photo: Thomas Wey)

 

Rivière et Gravitation – eine Ausstellung von Barni Kiener und Christian Gräser im Espace Cheminée Nord in Genf (14. – 30. Sept. 2012)

 

Barni Kiener – Aspekte seiner Arbeit

Barni Kiener ist ein in Bern lebender Künstler, mit Wurzeln im Emmental, im Seeland und im Jura. Sein Geburtsort als Künstler war Erlach. Gross im wahrsten Sinn des Wortes waren seine ersten Aufritte in den 90er Jahren als selbst ernannter Künstler, was man vor noch nicht allzulanger Zeit mit einem gewissen Stolz als Autodidakt bezeichnete.

 

In einer Scheune hatte er sich ein grosses Atelier eingerichtet. Doch zur Realisierung einer seiner ersten Visionen des Jolimont war selbst dieses zu klein, mass sie doch sechs Meter und war mit Russ und Erde auf Jute gemalt. Im selben Aufbruch und Ausmass entstand damals ein weiteres eindrucksvolles Werk: ein einziger langer, beinahe erzählender Schrei auf Papier als Abfolge von gepinselten Zeichen.

 

Was sich so in Längendimensionen Luft gemacht hatte, wurde gefolgt von Bildern, die Abstand nahmen, von oben nach unten, vom All auf die in Nacht getauchte Erde, nur da und dort leuchten rote Flecken wie Feuerstätten auf., eine tatsächlich tiefe Nacht. Ein erster konkreter Körper , der in seinem Werk auftrat, war ein von irgendwoher sich einfindendes Flugobjekt, das aus einem Brett als Flügel und notdürftig mit einem Seil daran gebundenem Stein, einem Steinkopf, bestand, woher der Name „Steinflieger“, ein nur aus dem Berndeutsch heraus zu verstehendes Wort von geheimnisvollem Klang . In Bildern, als Radierungen vor weiten Himmeln, in riesigen Bodenobjekten, in Fotomontagen vor dänischer Landschaft oder als kleine Wesen in Bäumen hängend erwachten sie – obwohl in Wirklichkeit unmöglich – zu eigenem Leben.

 

Unmöglichkeit ist nicht gleich Absurdität, und doch streifen sie sich dort, wo Unsagbares und Unvorstellbares sichtbar und erfahrbar wird. Absurde Situationen finden bei ihm mit jedem Schritt, den wir in seine Arbeit machen. Es finden sich geschlossene kleine Zimmer Bühnen mit minimaler Ausstattung, Vorschläge zu einem verlassenen, tür- und fensterlosen Raum zum Leben mit Grafiken. Oder die zum Leben und Begehen sinnlosen Räume eines Hausmodells, die Schwindel  erregende Abgründe öffnen. Oder die Vogel Nistkästen ohne Flugloch in subtil aufeinander abgestimmten Farben.

 

Mit solchen Arbeiten und solchen Aspekten stossen wir auf sensible Stellen im Fortlauf seiner Arbeit. Immer wieder taucht die Möglichkeit einer Befreiung von der Schwerkraft auf. Nicht das Materielle des „wie hat er das gemacht“ oder das „wo ist er als Künstler einzuordnen“ zählt mehr, sondern in welches Land seiner (und unserer) Vorstellung zwischen Erdkrusten und Seen will er uns führen, welche Welten uns öffnen, in welchen Fluss mit uns eintauchen, in welches Leben.

 

Aber nicht nur im Leben, auch in seiner Kunst ist er immer von neuem wieder Realist. Ein in einem Baum hängen gebliebener Fischerzapfen kann zwar alles Mögliche sein, auch ein Sinnbild für eine Situation, die er als „Verheddert“ bezeichnet, dennoch bleibt ein Zapfen ein Zapfen. Und wenn er zum Objekt einer Landschaftsinstallation werden soll, so muss er selber gemacht und finanziert werden, wofür sich jüngst eine Anzahl Freunde und Sponsoren spontan bereit gefunden haben. Realistisch kritisch sind auch neuere Arbeiten, die seine Empörung über die Art der Abfallentsorgung zum Ausgangspunkt haben –

sie predigen nicht, sie analysieren und phantasieren nicht, sie leben in sich und durch sich selbst.

 

Barni Kieners Weg in die Kunst war und ist eine einzige Abfolge von Erfahrungen, inneren und äusseren Erlebnissen in einer lokalen künstlerischen Umgebung, die immer wieder Ausblicke auf die grossen Künstler einer jüngsten Vergangenheit zu bieten hatte. Seine Meister, die handwerklichen und künstlerischen, hat er sich selbst ausgesucht. Einer soll hier ganz besonders erwähnt bleiben, der Radierer und Drucker Hansjürg Brunner. Die Radierung, das Kupfer, und nicht etwa die Zeichnung, das Papier, war von allem Anfang an der Ort, an den er immer wieder zurückkehrt.

 

Barni Kiener, Jahrgang 1965, lebte in Erlach und in La Chaux-de-Fonds (Les Planchettes), reiste nach Südafrika und Dänemark, wo er auch Radierungen druckte und Kontakte schuf. Er beteiligte sich an Weihnachtsausstellungen in Biel und empfing den Preis der Grafik Triennale Grenchen und der Amis des Beaux Arts in Le Locle. Für die Zeit einer Ausstellung interpretierte er im Klostergang von Saint Ursanne einen einst sakralen Raum.

 

Walo von Fellenberg

 

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